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Avis - d'âne à zèbre de François Bégaudeau

Pourquoi Vincent Delerm ne chante pas plus fort ? Pourquoi la jalousie c'est du vol ?

lundi 12 juin 2023

Le YouTube authentique

J'ai littéralement grandi avec les réseaux sociaux. J'ai publié ma première vidéo YouTube en 2007, l'année d'obtention de mon bac. Facebook est arrivé la même année. Avant ça, j'étais sur Skyblog, msn et les chat. 



À partir du mitan des années 2010, les réseaux sociaux ont commencé à se professionnaliser et des gens ont capté qu'on pouvait vivre en publiant du contenu. Ça a donné lieu à l'ouverture de pas mal de nouvelles perspectives, notamment en ce qui me concerne. Je me suis occupé pendant 8 ans des réseaux sociaux de plusieurs médias. Mais il y a surtout eu un essor des personnes qui créent du contenu sur les réseaux sociaux avec une visée professionnelle. Le but de ces gens est d'en vivre via la monétisation ou les partenariats. 

Aujourd'hui, des gens vivent de Tik Tok, YouTube, Instagram et Snapchat (je sais, vous avez oublié Snapchat alors que c'est encore bien vivant). Le résultat de la professionnalisation de ce secteur est une perte de l'authenticité que j'ai connue depuis les débuts des réseaux sociaux. Aux débuts, l'altération de la vie était moindre. Il y avait moins de création de personnage pour faire grandir une communauté. Les gens étaient plus authentiques. 

Aujourd'hui, c'est différent. Les enjeux sont différents. Entendons-nous bien. Ce n'est pas une critique. Je trouve ça chouette de voir les réseaux sociaux évoluer de la sorte. Ça ouvre des perspectives à un tas de personnes qui sans ça n'aurait pas pu vivre de leur passion. Et puis au-delà de ça, en tant que spectateur, ça permet d'avoir des rendez-vous réguliers à regarder à divers endroits en dehors de la télé. 

Cependant, je ne peux m'empêcher d'avoir de la nostalgie pour la façon dont les réseaux sociaux étaient avant. Une période où on publiait sans objectif de résultat. Une période où tout le monde était beaucoup plus vulnérable et plus authentique. C'est tout l'objet de cet article. Ce monde n'a pas disparu. 

En 2023, tout le monde ne cherche pas à monétiser ce qu'il publie. Tout le monde ne cherche pas à obtenir des subs sur Twitch. Tout le monde ne cherche pas à devenir viral. Et c'est chouette. 

C'est d'ailleurs ma façon de fonctionner. À titre personnel, ce qui m'intéresse avant tout c'est le partage. Vous le savez si vous me suivez sur mes réseaux sociaux. 

Via mes diverses passions, j'ai la chance de tomber sur ces personnes. Les gens qui publient juste parce qu'ils ont envie de publier, sans objectif monétaire en tête. Je pense à tous ces types d'Asie du sud-est qui font des tutos sur les logiciels Adobe, ces autres qui filment leurs vacances ou montrent comment fonctionnent un appareil photo argentique. Les vues sont faibles, il y a peu d'engagement mais la passion est réelle. Et je vis pour ça, comme en atteste ma chaîne YouTube de photo argentique. 

Capécran de ma chaîne YouTube

J'ai pensé à ça en tombant sur un Tik Tok qui met en avant la chaîne YouTube d'un vieux monsieur qui raconte ses aventures pour très peu de vues. Je trouve ça très stylé. Bon, le Tik Tok du gars est devenu viral et il est passé de presque pas d'abos à plus de 300 000

Wander with mac

Et puis avant d'écrire cet article, YouTube m'a recommandé une chaîne dans le même style : A random minute. Tous les jours, ce monsieur publie des vidéos d'1 minute à New York. Et ce qui me fume c'est que YouTube a forcé les gens à faire des shorts (de vidéos de moins d'une minute pour concurrence Tik Tok). Et non, lui il fait des vidéos d'un tout petit peu plus d'une minute au format paysage. Du coup, elles ne sont pas éligibles pour ce format. Il veut juste publier ses vidéos et je trouve ça chouette. 

Longue vie à toutes ces chaînes YouTube. 

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jeudi 11 mai 2023

Avis cinéma - Les 2 Alfred de Bruno Podalydès

Je regardais Arte et entre deux programmes, la chaîne a fait la réclame du film Les 2 Alfred qui allait être diffusé plus tard dans la semaine. En quelques secondes, ça m'a donné envie de le voir. 


De quoi ça parle ?

Alexandre, chômeur déclassé, a deux mois pour prouver à sa femme qu'il peut s'occuper de ses deux jeunes enfants et être autonome financièrement. Problème: The Box, la start-up très friendly qui veut l'embaucher à l'essai a pour dogme : « Pas d'enfant! », et Séverine, sa future supérieure, est une « tueuse » au caractère éruptif. Pour obtenir ce poste, Alexandre doit donc mentir... La rencontre avec Arcimboldo, « entrepreneur de lui-même » et roi des petits boulots sur applis, aidera-t-elle cet homme vaillant et déboussolé à surmonter tous ces défis ?



Mon avis

Ça c'est le cinéma français que j'aime ! Déjà avant tout chose, qu'est-ce que ça joue bien ! Le trio Denis Podalydès, Bruno Podalydès et Sandrine Kiberlain est très solide. Ensuite, ce film sorti en 2020 est bien dans son temps. Le fond de cette histoire est une critique de tout ce qu'a apporté Emmanuel Macron depuis qu'il est président. C'est à dire, l'ubérisation de la société française. Et le film s'emploie aussi à montrer comment cela affecte les gens. 

Une partie qui m'a moins intéressé mais qui touche, de fait, pas mal de gens, c'est la façon dont les parents gèrent leur travail et leurs enfants en même temps. 

C'est drôlement bien écrit et, je ne m'y attendais pas, mais j'ai rigolé aux éclats à plusieurs reprises ! 

Les 2 Alfred c'est ce que j'appelle un bon film. Ni un chef d'oeuvre, ni un navet, ni un film médiocre mais un bon film. J'ai passé un très bon moment devant et je vous invite vivement à faire pareil ! 


À voir aussi

Avis cinéma - Office space de Mike Judge

Avis cinéma - Mr Roosevelt de Noël Wells

dimanche 7 mai 2023

Avis cinéma - Office space de Mike Judge

J'ai découvert l'existence du film Office space sorti en 1999 dans la partie commentaires d'un Tik Tok. Quelqu'un recommandait de le voir en disant que c'était un classique, ça m'a suffi pour piquer ma curiosité. Je n'ai pas été déçu. 


De quoi ça parle ? 

Alors que son entreprise est en train de licencier ses employés, Peter Gibbons décide de ne plus se rendre au travail. Lorsque ces licenciements affectent deux de ses amis, les trois collègues ont bien l'intention de prendre leur revanche. Pour arriver à leurs fins, ils ont alors l'idée de planter un virus dans les ordinateurs de leur ancienne compagnie afin de détourner son argent.


Mon avis 

Mon obsession pour le monde du travail a commencé avec The Office. C'est ma série préférée à égalité avec Freaks and Geeks. J'ai vu The Office 14 fois. Si je ne nie pas que la série m'a fait rire, j'ai rapidement porté mon attention sur les interactions entre les gens et sur la façon dont fonctionne Dunder Mifflin. Plus récemment, j'ai adoré la série Severance pour les mêmes raisons. Dans cette série Apple TV, des employés oublient complètement qu'ils travaillent une fois qu'ils mettent le pied dans leur entreprise. Le personnage de l'extérieur ignore tout du personnage à l'intérieur et inversement. En ça, cette série fait réfléchir car la vérité d'une grande partie des métiers en 2023 c'est que c'est répétitif. Bon, ça pose surtout des questions éthiques. Mais ce n'est pas le sujet de cet article. 

Si vous aimez The Office et Severance, vous êtes dans l'obligation de prendre 89 minutes de votre temps pour voir Office Space dont le titre français est 35 heures c'est déjà trop

Ce film s'emploie à démontrer l'inanité du monde de l'entreprise. Au début, on voit un employé se voir reprocher par plusieurs supérieurs différents de ne pas avoir utilisé le bon document pour faire son rapport. La situation est ridicule car ils en font une affaire d'état. 


Ce qui est bien dans Office Space c'est que le réalisateur ne montre pas seulement le travail de bureau, même si c'est le thème principal du film. Il montre aussi le travail d'une serveuse incarnée par Jennifer Aniston. 


Son patron requiert de porter 15 badges. Elle en porte 15 et il lui cherche des poux parce qu'elle n'en porte que 15 contrairement à son collègue qui lui en porte beaucoup plus. Une autre illustration absurde du monde du travail. 



Cependant, mon arc préféré est celui de cet employé qui est mis petit au placard. Pendant tout le film, lui et d'autres collègues se répètent qu'ils ne sont pas des victimes et qu'ils vont quitter l'entreprise. Et c'est un sujet qui m'a fait sourire car j'ai pu voir ce genre de comportement pendant toute ma carrière. Des gens qui parviennent à identifier tous les problèmes de l'entreprise mais qui n'en parlent jamais à la direction et préfèrent baisser la tête et cela pour un tas de raisons différentes. 

D'ailleurs, je tiens à insister sur ce point. Les gens que je décris dans le paragraphe ci-dessus sont la majorité. Cependant, je ne jette de pierre à personne. Chacun à une vie différente, un passé différent, des situations financières différentes. Et ça ne serait pas bien de juger des choix différents des siens alors que les gens ont des conditions différentes. Pour ne donner qu'un exemple, j'avais une collègue qui avait identifié tout ce qui n'allait pas dans une entreprise mais elle n'est jamais monté au créneau et elle a continué à baisser la tête et à encaisser les humiliations. Or, il se trouve que j'étais proche d'elle et connaissait sa vie privée. Et avec ce qu'il se passait pour elle en dehors du travail, elle n'avait littéralement pas le choix que de se comporter de la sorte. 

Par ailleurs, c'est intéressant car dans The Office, ce thème précis est aussi abordé par la voix d'Oscar. Il rêve de partir ou simplement exposer à la direction ce qui ne va pas mais admet qu'il n'en aurait jamais le courage. À un moment donné, il en a l'occasion face à tous les actionnaires mais il perd tout son courage et préfère se taire, baisser la tête et quitter la pièce. 

En conclusion, je vous recommande vivement de voir ce film, c'est un chef-d'oeuvre qui n'a pas pris une ride en 2023 ! 


À lire aussi 

Avis cinéma : Mr Roosevelt de Noel Wells (Netlifx)

mercredi 19 avril 2023

Avis lecture - Mon nom est Personne d'Alexander Moritz Frey

 J'ai acheté ce livre chez Myriagone à Angers en même temps qu'Anotské dont je vous ai déjà parlé sur mon blog


De quoi ça parle ? 
Un mystérieux inconnu, qui se fait appeler Solneman, se présente un beau matin devant le bourgmestre d'une petite ville et lui propose d'acheter, pour une somme fabuleuse, le parc municipal. Il pose toutefois une condition : ne voulant être dérangé par personne et souhaitant vivre à l'abri des regards, il fera construire tout autour du parc une immense muraille de trente mètres de haut. Après quelques hésitations, l'accord est conclu et l'étranger s'installe dans son parc. Bien vite, pourtant, Solneman devient l'objet de toutes les discussions. Que se passe-t-il de l'autre côté de cette maudite muraille ? A quelles activités certainement contraires à l'ordre et aux bonnes moeurs s'adonne-t-il ? Pourquoi cache-t-il toujours son visage derrière un masque ? Et pour qui se prend-il, cet excentrique, à vouloir vivre ainsi, coupé du monde ? En voilà une attitude intolérable ! Rongés par la curiosité, les citoyens de la ville vont tout mettre en oeuvre pour découvrir ce qui se trame derrière le mur érigé par cet insupportable étranger. Ironique et plein de fantaisie, ce roman publié en 1914 n'a rien perdu de son mordant.


Mon avis
Je n'ai pas hésité avant d'acheter ce livre. La présentation m'a fait sourire d'avance et je n'ai pas été déçu. Pendant tout le livre, on voit les habitants de la ville devenir devenir fous à cause de Solneman. Ils n'ont plus qu'un seul objectif : découvrir ce qu'il fait dans son enceinte. C'est impossible pour eux de le laisser vivre sa vie tranquillement. C'est absurde et agréable à lire. Je regrette seulement que la fin tire un peu en longueur. Cependant, globalement, j'ai pris beaucoup de plaisir à lire Mon nom est personne d'Alexander Moritez Frey. 


Infos
Le livre est dispo chez La dernière goutte

À lire aussi

vendredi 7 avril 2023

Avis BD - Le grand vide de Léa Murawiec

Je voulais acheter cette BD au moment de sa sortie et puis j'ai oublié. Et en voulant simplement aller sur Paris librairies, mon navigateur m'a ramené sur fiche de la BD et j'ai une nouvelle fois eu envie de la lire. Ce moment coïncidait avec celui où j'ai pris ma carte à la bibliothèque de Montreuil. Je l'ai emprunté là-bas. 


De quoi ça parle ? 
"Mais... Manel Naher, c'est moi !" Qui est donc cette autre Manel Naher, qui fait la Une des journaux ? Elle fait de l'ombre à Manel Naher, la vraie Manel Naher, l'héroïne de cette histoire ! Elle ne se rend pas compte qu'elle la met en danger, la vraie Manel Naher, en ayant tout ce succès ? Vous comprenez, si tout le monde se met à penser à cette Manel Naher qui devient célèbre, au lieu de penser à Manel Naher, qui passe ses journées au fond d'une petite librairie... Eh bien : on risque de l'oublier, notre Manel.


Mon avis 

En ouvrant la BD, j'avais complètement oublié le thème de celle-ci. Heureusement, j'ai rapidement raccroché les wagons dès les premières pages. Ce qui m'a frappé en premier c'est le style de dessin. Je ne l'apprécie pas particulièrement mais je salue avant tout l'audace. Par ailleurs, le style de Léa Murawiec transcrit parfaitement le sentiment d'étouffement qu'elle souhaite faire ressentir aux personnes qui lisent sa BD. Il y en a partout, c'est tout sauf épuré. Ça va vite, très vite. On est dans une machine à laver en mode essorage. Tout ça, c'est exactement ce que vit Manel Naher, la protagoniste de l'histoire. 

Dans ce monde fictif, pour vivre, il faut que d'autres personnes pensent à vous. Pas de bol, une chanteuse qui s'appelle comme elle est en train de cartonner. Elle frôle donc la mort à plusieurs reprises. Elle se fait prescrire des sorties en boîte pour que les gens mettent son visage sur son nom et pas celui de l'autre. De fil en aiguille, elle va réussir et devenir immortelle. Assez de personnes savent qui elle est pour ne jamais quitter l'inconscient collectif. Sauf que cette vie est nulle et l'éloigne de ses vrais amis et de sa famille. 

Lassée par cette popularité qui l'encombre, elle décide de se jeter dans le grand vide. Cet endroit déconseillé par de grands panneaux à la sortie de la ville. Aller dans le grand vide, c'est s'exposer à un oubli total de la part des autres et donc mourir. Sauf que, comme on le découvre dans les dernières pages, il n'en est rien. Au contraire, elle découvre un monde paisible et éloigné du tumulte dans lequel elle a toujours vécu. 


À qui s'adresse cette BD ? 

100% aux personnes qui vivent à Paris. Et 100% aussi aux personnes qui chassent la reconnaissance d'inconnus pour se sentir exister. 


À lire aussi 

Avis BD - La machine à influencer de Brooke Gladstone

lundi 13 mars 2023

Comment faire ses Dr. Martens (conseils, astuces) : une série de vidéos sur Tik Tok

Vous avez mal aux pieds en essayant votre paire de Dr. Martens fraîchement reçues ? Vous n'êtes clairement pas seuls. Dans cette nouvelle série de vidéos disponible uniquement sur ce compte Tik Tok, on vous propose avec Salomé, de suivre notre découverte du monde Dr. Martens. 


Comment réussir à faire ses Dr. Martens ? Nos astuces pour ne pas avoir mal aux pieds quand on fait ses Dr. Martens ? Comment réussir à transformer des chaussures Dr. Martens qui font mal en chaussures confortables ou supportables ? C'est tout l'objet de cette série de vidéos Tik Tok dans laquelle on vous invite à suivre notre aventure et nos tentatives de réussir à ce que nos paires de Dr. Martens ne terminent pas au fond d'un placard et deviennent synonymes d'échec. 

Liste des épisodes (cette liste sera mise à jour toutes les semaines au fur et à mesure des sorties) : 

Épisode 1 : on achète des Dr. Martens vegan 

Épisode 2 : On reçoit nos Dr. Martens vegan

Épisode 3 : Unboxing Dr. Martens : Chelsea boots vegan à plateformes

• Épisode 4 : Unboxing Dr. Martens : mocassins adrian felix vegan


mercredi 15 février 2023

Avis lecture - Anostké de Christophe Ségas

Je cherchais une librairie indépendante à Angers et j'ai découvert Myriagone. La particularité des librairies indépendantes c'est qu'on y trouve des livres qu'il n'y a pas forcément dans les librairies grand public. Il y a une sélection qui n'est pas forcément guidée par la popularité des auteurs et des autrices mais plus par les idées. Ce sont des endroits importants. Des espèces de contre-pouvoirs. C'est par exemple dans une librairie indépendante située à Saint-Denis (93) que je me suis fait dédicacer mes livres par Virginie Despentes. Après, il y a aussi une réalité économique qui touche les librairies indépendantes. Si elles se contentaient de proposer des livres écrits par des inconnus, elles pourraient s'exposer à une faillite rapide. Du coup, la réalité c'est que sur les ilots centraux, on peut retrouver des maisons d'éditions très connues et des écrivains et des écrivaines célèbres. Pas plus tard que la semaine dernière, j'ai vu le livre du Prince Harry en vitrine d'une librairie pourtant ouvertement militante. La stratégie c'est d'attirer le chaland avec des gens connus et quand ils font un tour, ils peuvent tomber sur Le syndrome du patron de gauche par exemple. 

Ce n'est pas exactement la stratégie de Myriagone. Cette librairie indépendante angevine est plus radicale dans son approche. Dans l'espace principal, il n'y a que des oeuvres de petites maisons d'éditions. Surtout, il y a un choix plutôt restreint. Je ne sais plus où j'ai lu ça mais en gros, il est expliqué qu'ils effectuent une sélection qui correspond 100% à ce qu'ils aiment. Pas de livre populaires ou qui vont faire vendre. Je trouve ça plutôt stylé. C'est le cas du livre qui est l'objet de cet article Anostké de Christophe Ségas (Éditions du chemin de fer). Au tout début, c'est écrit que le livre a été tiré à 1 000 exemplaires. Je ne suis pas dans le monde de l'édition mais j'ai l'impression que c'est très peu. 



De quoi ça parle ? (le résumé de l'éditeur)

Les plus vieilles chroniques de la ville d’Eusthènes racontent comment, mille ans auparavant, la déesse Anostké a fait son apparition aux portes de la cité et s’est emparée de la ville pour y imposer ses lois en faisant bâtir aux habitants une Arche qu’il leur faudra adorer. Mille ans plus tard, alors que l’Arche et les commandements d’Anostké ne sont plus qu’un folklore qui n’impressionne guère, les gardes aperçoivent une silhouette qui s’approche des portes d’Eusthènes : la déesse est revenue. Si les adultes résistent, les enfants sont hypnotisés et se rangent les uns après les autres aux côtés de la déesse, contre leurs parents… Les textes de Christophe Ségas sont des miroirs déformants qui se nourrissent de nos peurs, de nos travers pour pointer la folie de nos sociétés déviantes. Après Hors le bourbier qui revisitait de manière opulente le mythe du créateur tout puissant, mi-démiurge, mi-diable, il y a eu Le théâtre des oiseaux qui, sous couvert de fable grotesque, dénonçait le consumérisme forcené et l’annihilation de l’individu dans nos sociétés du spectacle. Avec Anostké, Christophe Ségas s’attaque frontalement, mais de façon toujours aussi loufoque et drôlatique, au sectarisme et à la dévotion, à l’obscurantisme religieux qui nie toute humanité aux humains.


Mon avis

C'est un bel objet avant tout. C'est pas un livre de poche qu'on trimballe partout. On a envie d'en prendre soin. Le papier choisi semble de qualité. Les illustrations de Frédéric Coché aident aussi même si je n'y suis pas sensible. 

Le livre est très court et va droit au but. L'installation de l'univers sombre se fait rapidement. Très vite, on se voit dans le village et dans l'ambiance pesante qu'il y a. Vu la longueur, tout se passe à vitesse grand V. C'est presque frustrant ! J'aurais aimé que ça dure 100 pages de plus afin de rester encore plus longtemps dans cet univers étouffant. 


Infos 

Le livre est dispo sur le site des Éditions du Chemin de fer