RETROUVER UNE PROF

J'ai voulu retrouver une professeure d'anglais qui a marqué ma scolarité.

Et si tu devenais végétarien ?

Découvrez l'infographie sur le vegétarisme en France et une vidéo sur le végétarisme à Paris

Avis - d'âne à zèbre de François Bégaudeau

Pourquoi Vincent Delerm ne chante pas plus fort ? Pourquoi la jalousie c'est du vol ?

dimanche 30 novembre 2014

Avis lecture - De l'art de mal s'habiller sans le savoir de Marc Beaugé



Préambule
La télé est un média de masse. Et par définition un média de masse est populaire. Ainsi, et il vous suffit de tendre l'oreille dans le métro pour le remarquer, souvent la télé est au centre des discussions. Hier encore, j'entendais des femmes parler d'un reportage de 7 à 8. C'est bien plus rare d'entendre des gens converser sur un article de Télérama. C'est bien dommage d'ailleurs. Pour faire sa promo, la petite lucarne est le meilleur endroit. En quelques minutes, vous pouvez exposer votre produit à des centaines de milliers, voire des millions de téléspectateurs. Efficace. Je n'ai jamais entendu Marc Beaugé parler de son livre dans Le Supplément de Canal + mais ses chroniques en plateau m'ont donné envie de lire son livre sur lequel je suis tombé par hasard dans une libraire.

Avis
C'est drôle. Vraiment très drôle. Toutefois, je suis persuadé que c'est une question de perception. Moi, ça m'a fait rire car, je pense avoir assez de recul et ne suis concerné par aucune des entrées du livre. Aussi, j'apprécie pas mal l'arrogance des propos, une arrogance qui me fait penser à celle de la chanson Mauvais garçon de Naast. Le mec est assis sur son piédestal, qu'il s'est construit lui-même, et il juge les gens. Mais, encore une fois, c'est fait d'une façon drôle. C'est tellement amusant que je me suis retrouvé à pleurer de rire dans le métro.

''Est-ce bien raisonnable d'abuser du terme dandy ?'' Le dandysme se retrouve régulièrement accolé à une tripotée de célébrités mâles : ''Frédéric Beigbeder, Nicolas Bebods, Thomas Dutronc, Ali Baddou, Michel Denisot, Benjamin Biolay, Jean Dujardin, Edouard Baer, Ariel Wizman''. […] Transformé en gadget éditorial, le terme dandy n'a donc plus guère de sens et certainement plus la moindre valeur. Au vrai, il semble que chaque puisse désormais prétendre à ce statut, dès lors qu'il ne se trimbale pas en permanence vêtu d'un bas de survêtement gris chiné et d'un marcel taché de sauce samouraï. […] On sait, depuis que Barbey d'Aurevilly et Baudelaire se sont penchés sur la question, que le dandysme est davantage une manière d'être de que de paraître. Ainsi, contrairement à ses imposteurs du moment, le vrai dandy n'est jamais à la mode. Il n'aime pas, ne travaille pas, ne se montre pas, ne brûle pas de billet de 500 francs à la télévision et joue certainement très mal de la guitare manouche. Autant dire que le vrai dandy est mort et qu'il doit aujourd'hui se retourner dans sa tombe, le pauvre homme.''

 Ce passage est plus que désopilant.

''Est-ce bien raisonnable de laisser sa cravate desserrée ? Exerçant leur art sur TF1 ou M6 de The Voice à la Nouvelle Star, les stylistes des émissions de télé crochet disposent d'une batterie de techniques redoutables pour décrédibiliser les candidats et les membres du jury qu'ils habillent. Ansi aiment-ils les affubler de pantalons moulants, de costumes satinés, de chapeaux colorés ou de vestes en cuir impossibles. Mais leur coup préféré consiste encore à les équiper d'une cravate, tout en s'abstenant d'en serrer le nœud. Plusieurs semaines durant, le pauvre Louis Bertignac, se présenta donc chaque samedi soir sur TFI, accessoirisé d'une cravate dont le nœud gisait au niveau de son plexus, aligné de façon quasi parfaite avec ses deux tétons. Imperceptiblement, ces trois points-là formaient ainsi une ligne droite, que l'on pourrait considérer, à bien des égards, comme la ligne d'amarrage du mauvais goût.''

J'ai corné beaucoup de pages, en général c'est bon signe. Mais je ne vais pas vous gâcher le plaisir de la lecture, les deux cités plus haut devraient vous convaincre.



Conseil de lecture
En regardant Nouveau look pour une nouvelle vie sur M6.

Infos
167 pages
8,95 euros
Lien pour l'acheter

A lire aussi
Avis lecture - Eloge de la bicyclette de Marc Augé
Avis lecture - Le moindre mal de François Bégaudeau

Saint Nicolas est arrivé en bateau

Un bateau est stationné à une trentaine de mètres du rivage. Le drapeau espagnol flotte au sommet du mat. Le soleil, généreux pour la saison, éclaire la scène. Entouré par une tripotée de cadeaux et de Zwarte Piet, Saint Nicolas fait des signes de la main à la centaine de personnes, dont un tiers d'enfants postés au bord de l'eau. L'excitation est grande et une franche atmosphère positive se dégage de cette scène. Nous nous approchons pas certains de comprendre. Une locale nous explique que l'arrivée de Saint Nicolas en bateau est une tradition ici, à Amsterdam. La musique festive sort des enceintes trop petites pour l'occasion et les enfants se bousculent pour toucher la main du vieux monsieur venu apporter des bonbons. Les parents, bien que trop vieux pour encore y croire ont des sourires gravés sur le visage. Alors nous aussi nous sourions, parce qu'un sourire est communicatif. Saint Nicolas peine à se frayer un passage parmi la foule dense et dissipée. Finalement, au bout de quelques dizaines de minutes il va y parvenir et disparaître dans une maison adjacente laissant ses lutins assurer le service après vente.







Le raté de Ségolène Royal sur le vélo (VIDEO)



Ségolène Royal était invitée sur le plateau d'On n'est pas couché (France 2), ce samedi 30 novembre. En sa qualité de ministre de l'environnement, elle a été interrogée à ce sujet. A un moment de son entretien, Stéphane Guillon, présent autour de la table, l'a alpaguée sur la nécessité de développer davantage les voitures électriques en accès libre comme l'autolib. Suite à ce propos, Philippe Geluck, est intervenu pour expliquer que le vélo était le meilleur moyen d'endiguer l'augmentation de la pollution. Ségolène Royal a pris cette remarque à la légère et s'en est amusée comme vous pouvez le voir dans cette vidéo.


Cette séquence est certainement passée inaperçue pour la plupart des téléspectateurs présents ce soir-là devant leur télévision. Moi, elle m'a agacée. L'environnement ce n'est pas drôle, ça ne doit pas être un motif de plaisanterie. Là, elle parle de journées sans voiture en rigolant. Son rire avalise le fait que les voitures sont indispensables aux humains. C'est faux, plusieurs villes d'Europe prouvent qu'on peut faire sans ou avec moins. Copenhague, Hambourg, Amsterdam.

''Tant qu'il y a beaucoup de voitures, le vélo est dangereux'', dit-elle avec beaucoup d'assurance. Ensuite, elle dit que c'est un cycle sans fin. Non. Le raisonnement est simple. Plus il y aura de vélos moins ce sera dangereux et cela pour une raison très facile à comprendre. Plus les automobilistes seront habitués à la présence des vélos plus ils y feront attention. C'est une question d'habitude. un exemple. A Paris et à Angers aussi (je ne suis au fait des législations dans les autres villes) on peut prendre à vélo en sens inverse une rue en sens unique pour les voitures. Au début, cela peut surprendre, mais la démarche est si répandue à Paris que les automobilistes parisiens s'habituent de plus en plus à voir arriver en face d'eux des bicyclettes.

>>> Faire du vélo à Paris, c'est dangereux ? 

Il ne faut rien attendre des autorités même si en la matière, une ville comme Paris a fait de belles avancées avec la multiplication des pistes cyclables et des limitations de vitesses dans les zones sensibles. Mais pour espérer un changement des comportements il faut commencer par soi-même. Ainsi, au lieu de se plaindre des comportements néfastes des automobilistes, il faut enfourcher un vélo pour poursuivre l'évolution des mentalités. Et un jour qui sait, on sera une vingtaine à attendre que le feu passe au vert sur les Grands Boulevards.



A lire aussi
Avis lecture - Eloge de la bicyclette de Marc Augé

dimanche 16 novembre 2014

Avis lecture - Atlas des préjugés de Yanko Tsvetkov


De quoi ça parle ?
Si des titres de livres restent assez mystérieux, celui-ci est assez clair. Il est question des préjugés des habitants d'un pays envers les autres imaginés par Yanko Tsvetkov. Et ce point est important, il ne s'agit pas d'une étude scientifique mais plus de ressentis.

>>> Avis lecture - Il est de retour de Timur Vermes

Avis
La pastille posée sur la couverture par l'éditeur est un peu mensongère. Le livre est présenté comme un objet drôle. Ce n'est pas tout à fait le cas. Certaines cartes sont drôles, c'est vrai, c'est le cas de celle de la vision du monde des Russes ou celle de la perception de la planète par les Américains. Si les cartes, très colorées et légendées avec humour sont l'hameçon pour enclencher un acte d'achat, les textes sont plus intéressants. Yanko Tsvetkov parle d'histoire et donne beaucoup sont avis.

''Si nous rejetons le prêt-à-penser ressassé dans toutes les manifestations de relations publiques et les campagnes de pub, et si nous assumons nos propres choix, nous éviterons de juger à la hâte et, j'en suis sûr, nous vivrons mieux. Dans ce monde interconnecté, où l'information se répand plus vite que la pensée, les préjugés ne sont peut-être rien d'autre qu'un effet secondaire de notre paresse intellectuelle.''

Dans un autre passage, il parle des cartes dessinées au Moyen-âge. Voici un texte écrit à l'époque :

''C'est en Extrême-Orient que vit la tribu du Yeti, dont les disciples font preuve d'ingéniosité : quand ils sont couchés, leurs pieds sont tellement grands qu'ils leur servent de parasols, réduisant ainsi les risques de mélanome. [...] Le pays le plus intéressant est la Scandinavie du Nord, peuplée d'hommes à tête de chien. On ne sait pas bien si ces créatures existent vraiment, mais le problème qui les entoure est d'ordre théologique : ont-ils une âme ? et si on les convertissait au christianisme, pourraient-ils être sauvés ?''

Ce qu'il faut noter, c'est l'absence de vérification des informations. Un simple tour à cheval dans ces contrées leur aurait prouvé qu'ils racontaient des balivernes. Mais, comme à l'époque, c'était bien plus compliqué de voyager, personne ne le faisait et croyait sur paroles ces balivernes. 

>>> L'interview de François Hollande interdite aux moins de 18 ans

Il y a aussi tout un passage où il fustige Silvio Berlusconi et termine comme ceci :

''On dirait qu'en Europe la vénération de l'intelligence vacille au profit d'une adoration plus sensuelle de personnages mythiques. Vous ignorez peut-être comment gérer la crise financière, mais si on voit en vous un type qui sait baiser, présentez-vous aux présidentielles, vous avez toutes les chances d'être élu.''

Ce propos, que j'approuve, répond à ce qu'a dit Mathieu Kassovitz dans le On n'est pas couché, diffusé sur France 2 ce samedi 15 novembre. Il parlait de la façon dont certaines femmes voyaient les hommes politiques comme des dieux. Attention, il ne s'agit bien entendu pas d'une vérité générale prouvée par une enquête mais le charisme que semblent exercer certains sur les femmes corrobore en partie l'assertion. Il suffit de regarder deux couples : Gayet/Hollande et Bruni/Sarkozy. Je suis le premier à dire que le physique ne compte pas mais tout de même, il reste une accroche et dans le cas des deux hommes cités, leurs responsabilités, plus visibles que leur physique, ont probablement eu un impact indéniable.

Pour terminer, une photo d'une carte du futur imaginée par l'auteur :


Conseil de lecture
Pendant un voyage à l'étranger.

Infos
79 pages, 14,90 euros
Lien pour l'acheter

dimanche 9 novembre 2014

Avis théâtre - Fugue en L mineure de Léonie Casthel



Préambule
Après avoir été déçus par un seule en scène féminin aux textes éculés, nous avons (avec Gaëlle) décidé de faire un tour vers le théâtre traditionnel. Celui ou des comédiens jouent sur scène. Et puis à Paris, l'offre est pléthorique. Cela a commencé avec Sans filtre de Laurent Baffie, assez populaire, et nous avons enchaîné avec Fugue en L mineure, beaucoup moins populaire mais bien plus intéressante. Comme je viens de le dire, l'offre est très importante dans la capitale, alors le premier endroit où nous avons cherché est le Théâtre de Belleville, lieu où nous étions allés voir une pièce de François Bégaudeau il y a quelques mois. C'était le jour de la première de la pièce dont il est question ici.

De quoi ça parle ?
Description officielle : ''En errant seule lors d'un voyage interdit, ELLE croise et recroise les souvenirs de son père, sa soeurs, ses camarades de classe, sa mère. Autour d'une jupe trop courte, le désir de séduire, la place du corps, l'amour paternel, l'interdit et l'obsession sexuelle sont évoqués comme autant de fantômes qu'ELLE laissera peu à peu derrière elle. Un voyage initiatique express clignotant comme un néon rouge''.

Avis
On sort de Fugue en L mineure bouleversé. C'est fort. Les propos sont forts. Il est question de féminisme. Mais pas du féminisme rentre-dedans et agressif qui donne tout sauf envie de s'y intéresser. Les textes signés par Léonie Casthel sont subtils et joués à la perfection par les acteurs, la jeune Lola Roskis Gingembre en tête. On suit son personnage, dont on ne connaît pas le nom, subir les propos sexistes de son père, observer la situation catastrophique de sa mère vis-à-vis de son mari, et ses discussions avec sa grande soeur et une copine de l'école qui tournent autour de la féminité. Il y a des pièces qui parlent du passé, il y a des pièces dont le seul but est de faire rire et puis il y a cette pièce, bien ancrée dans le présent, qui sert à faire progresser les mentalités avec brio.

C'est pour qui ?
J'étais en adéquation avec les propos, donc cela m'a conforté dans mes opinions par rapport à ce sujet, toutefois je pense que cette pièce peut-être très instructive pour ceux qui pensent encore qu'il y a un sexe fort.

Infos
Dépêchez-vous, la pièce se joue seulement jusqu'au 18 novembre 2014 au Théâtre de Belleville.
Dimanche et lundi à 20h30, mardi à 19h.
Plus d'infos : Théâtre de Belleville

A lire aussi :
Sans Filtre de et avec Laurent Baffie

Avis lecture - Eloge de la bicyclette de Marc Augé



Préambule 
J'aime bien le vélo, surtout depuis que j'ai compris que c'était un objet de révolution. J'en parle dans ces articles :
- Je roule donc je suis
- Faire du vélo à Paris, c'est dangereux ?
- Pignon fixe ou roue libre ?

Aussi, quand je vais acheter un livre précis en librairie, je m'accorde le plaisir de flâner dans les rayons où je m'offre la liberté d'avoir un coup de coeur pour des titres et des couvertures ; c'est ce qui est arrivé avec ce livre.

De quoi ça parle ?



Avis
C'est court mais c'est bon. Ce livre est divisé en quatre parties : le mythe vécu, la crise, l'utopie et le retour sur terre. La plus intéressante est la troisième, car l'utopie est plaisante, elle fait rêver, elle évoque un idéal qui semble inaccessible. D'après le Larousse, "l'utopie est une construction imaginaire et rigoureuse d'une société''. Donc, et il semble important de le préciser, une utopie ne concerne pas seulement sa personne mais tout un ensemble. Ainsi, dire : ''J'aimerais être une star de télé-réalité'', n'est pas une utopie mais un rêve. Maintenant que c'est dit, on peut parler de l'utopie évoquée par Marc Augé. Je la partage à 100 % et accroché à une barre de la ligne 2, je me suis imaginé dans le monde qu'il décrit et me fait envie. Un monde où le vélo a pris le pouvoir et a des effets positifs sur le reste de la société. Je pourrais recopier tout le chapitre mais cela serait trop long alors voici simplement un extrait.

''Toute circulation automobile à l'intérieur de la ville étant interdite, l'ensemble des espaces de circulation s'est considérablement agrandi grâce à la suppression des places de stationnement. Les véhicules à statut dérogatoire, les trams, les bus et les taxis se déplacent donc aisément sur leurs voies propres ; pour le reste, la chaussée appartient aux cyclistes, comme les trottoirs aux piétons. [...] Les puissances pétrolières ont de moins en moins de clients. Tout semble se passer comme si le polythéisme cycliste avait subverti le monothéisme pétrolier.''

Dans les autres pages, l'auteur évoque un sentiment que j'ai ressenti il n'y a pas si longtemps quand j'ai fait du vélo à Paris pour la première fois.

''La bicyclette est l'occasion d'une expérience inédite : elle permet de réévaluer les distances et de faire des rapprochements que les transports publics interdisent, dans la mesure où ils suivent des itinéraires fixes. A bicyclette, plus de changements, plus de correspondances. On se glisse subrepticement dans une autre géographie, éminemment et littéralement poétique puisqu'elle est l'occasion de contacts immédiats entre lieux que d'ordinaire on ne fréquentait que séparément, et qu'elle apparaît ainsi comme la source des métaphores spatiales, des rapprochements inattendus et des courts-circuits que ne cesse de susciter à la force du mollet la curiosité réveillée des nouveaux promeneurs.''

Pour ceux qui n'ont pas encore osé sauter le pas, faire du vélo est un véritable sentiment de liberté difficile à exprimer avec des mots et ce livre donne vraiment envie de monter sur une selle et de pédaler pendant des heures.

C'est pour qui ?
Tous ceux qui ont des jambes et des bras.

Conseil de lecture
Pas sur un vélo, c'est dangereux.

Infos
91 pages
5,10 euros
Lien pour l'acheter

samedi 8 novembre 2014

L'interview de François Hollande interdite aux moins de 18 ans

Un journaliste est un écrivain raté. Cette phrase bien connue est discutable mais pas complètement fausse. Nombreux sont les journalistes, visibles ou non, qui ont pris la plume pour s'exprimer ailleurs que chez leur employeur. Si la curiosité et la recherche des informations est un plaisir, les coucher sur papier pour les transmettre au public est aussi, en tout cas pour moi, un vrai plaisir. En France, on parle d'articles ou de papiers - terme davantage utilisé dans les rédactions - quand chez nos amis anglais ils parlent de story ; histoire dans la langue de Molière. Un journal, en ligne ou papier, est un ensemble d'histoires livrées aux lecteurs. Souvent, les nouvelles pourraient être résumées par des quelques points clés, comme le fait le site du Daily Mail, qui, à juste titre, estime que tous ses lecteurs ne sont pas passionnés par la lecture.


La lecture est censée être un plaisir et réduire des informations à une succession de tirets sans âme est une hérésie. Le journaliste doit aimer écrire, c'est une condition sine qua non pour fidéliser un lectorat qui avec la multiplication des sources sera de plus en plus exigeant.

J'adore écrire et cela nous emmène au titre de l'article par rapport auquel vous avez cliqué. Cet entretien est fantasmé, il n'a jamais été donné et il est sorti tout droit de mon imagination. Dans cette fausse entrevue, François Hollande, actuel président de la République, parle de ses relations intimes avec Valérie Trierweiler, son ancienne compagne. A l'époque où j'ai rédigé ces lignes, le couple était encore ensemble et Julie Gayet n'avait pas encore pointé le bout de son nez. L'entretien ne sera jamais lisible sur internet car les propos sont crus et ne doivent pas être accessibles aux plus jeunes et aux âmes sensibles.

Super, des nouvelles, c'est le nom de mon premier recueil de nouvelles. Parmi cette trentaine de pages il y a l'entretien cité plus haut et quelques nouvelles sur des thèmes divers et variés. Si votre curiosité a été aiguisée, n'hésitez pas à me contacter pour avoir Super, des nouvelles, entre les mains. Envoyez-moi un mail à hapou [AT] hotmail [POINT] fr pour arranger tout cela. Inutile de chercher un prix, il n'y en a pas.


dimanche 2 novembre 2014

Avis lecture - Le moindre mal de François Bégaudeau



Pré en bulles
François Bégaudeau est mon écrivain préféré. L'assertion est simple, vérifiée à plusieurs reprises et expliquée ici. Quand on aime un auteur, on a envie de tout lire, ce que je fais. Problème, au bout d'un moment il n'y en a plus. C'est là où je me suis rendu sur son site et ai découvert Le moindre mal sorti à la rentrée. Ce bouquin est sorti dans le cadre d'un mouvement qui s'appelle Raconter la vie.

De quoi ça parle ?



Avis
C'est court. C'était le projet de la commande. Les amateurs du style de Bégaudeau seront ravis. Ca va vite et c'est précis. Le plaisir est total. Comme vous pouvez le voir sur la quatrième de couv' ci-dessous, cela parle d'Isabelle, infirmière à Figeac. Enfin, surtout de son travail. D'elle on connaît seulement ses ascendances. Après justement l'avoir présentée, on découvre, avec force détails la journée type de cette femme. C'est presque irrespirable, on se demande comment elle fait pour tenir le coup. La pression est grande, la reconnaissance faible et les conditions de travail mauvaises. La chance qu'ont les patients c'est sa passion pour son métier. Elle voit bien que la situation des hôpitaux publics évolue pour se transformer en entreprises pour faire du profit mais ça ne l'intéresse pas. Pour elle, soigner est un sacerdoce auquel elle ne souhaite pas se soustraire.

Un passage m'a plus marqué que les autres :

''On travaille à effectif constant ; à effectif constamment insuffisant. Dans le public la mode des créations de poste est en train de passer.  [...] Peu de soignantes ont à faire beaucoup. Donc elles font vite. Expédient. Brusquent. Deviennes virulentes, parfois insultantes. A une qui réclame d'aller aux toilettes, on répond qu'elle n'a qu'à faire au lit, on viendra changer la couche. [...] Consciente qu'à ce jeu on bascule vite dans la maltraitance, la hiérarchie organise des demi-journées de formation où les soignantes s'entendent rappeler qu'elles doivent prendre leur temps pour la toilette. Les intéressées font valoir que le temps est précisément ce qui manque. Le formateur invite alors à limiter les dégâts, c'est-à-dire ne pas basculer dans la maltraitance et la boucle est bouclée.''

Anecdote : j'ignore si c'est fait exprès mais dans le livre, plusieurs noms qui pris séparément ne représente rien ont fait tilt une fois réuni : Judor, Ramzy, Debouse et Dupieux. Les trois premiers font penser à H, série qui se passe dans un hôpital. Les deux premiers et le dernier font penser à Steak

>>> La genèse du livre sur Transfuge.fr


C'est pour qui ?
Les gens comme moi qui s'intéressent à la vie des autres mais pas dans le sens malsain et voyeur du terme.

Conseil de lecture
Dans la salle d'attente d'un hôpital public.

Infos
74 pages
5,90 euros
Lien pour l'acheter

A lire aussi :
Avis lecture - Au début de François Bégaudeau
Avis lecture - Onze joueurs d'Alexandre Vaillant

Ces frontmen qui m'ont vendu du rêve (Future Islands, Touché Amoré, True Colors...)



Résumer la musique à une cassette, un 7'', un 12'', un cd ou un mp3 est réducteur. Très. Ces supports sont simplement des moyens de donner envie de voir un groupe ou une personne en concert, là où on ne peut pas tricher. Certes, certains utilisent des aides tels que les vocoders sur scène mais j'ai la chance de ne pas aimer ce genre de musique. Un concert (et par extension une tournée) est l'aboutissement d'un travail commencé au moment où la première note et le premier mot ont été écrits pendant la phase de création. C'est là où on peut juger un artiste, connu ou pas connu. Même si ce terme est subjectif.

Ces groupes, et surtout les frontmen, qui sont là pour ça, m'ont mis de véritables claques. Je n'ai pas souhaité faire un classement car ils évoluent dans des styles différents.

Justin(e)
Contrairement à ceux qui sont en-dessous, Alex ne bouge pas tant que cela. Mais, quand il est sur scène et sans se déplacer, il est à fond et c'est très prenant. Surtout que, de toute cette liste, c'est celui qui a les meilleurs textes. On ne peut pas dire des textes aussi géniaux sans les vivre à 100 % et il le fait très bien. 

Vu en live un graaaaaaaaaaannnnnd nombre de fois. Prestations toujours égales. 

>>> Avis lecture - Onze joueurs de Alexandre Vaillant

Future Islands
J'ai découvert Future Islands en 2010, où dans ces eaux-là, ils avaient un titre présent sur la bande-originale de l'excellente série How to make it in America. Il y avait le titre Balance, je l'ai trouvé énorme et j'ai apprécié l'univers. Quelques années plus tard je suis tombé sur un live fait à la télé américaine et le chanteur m'a bluffé. C'était juste fou. A partir de ce moment-là, j'ai souhaité les voir en concert, de mes propres yeux. C'est arrivé ce vendredi 31 octobre 2014 au Pitchfork Festival Paris. Et je n'ai pas été déçu, d'où la présence du groupe dans ce top. C'était vraiment vraiment fou. 

Naast
Vu à au Chabada à Angers du temps où le titre Mauvais garçon passait en boucle sur Le Mouv'. La meilleure époque de la radio d'ailleurs. Ils étaient en première partie de The Bellrays et ils ont été loin d'être ridicules. Ce que j'ai aimé, c'était l'ensemble. Ils avaient des dégaines arrogantes de connards mais j'aimais ça ; d'ailleurs je regrette leur disparition. Et surtout, sur scène c'était drôlement chouette. J'aurais aimé les voir plus souvent.

Touché Amoré
Touché Amoré c'est un mélange d'emo et de hardcore. Souvent, ce mélange donne de la merde à base de mèches roses et de jeans slims et de guitare tenue à 10 centimètres du sol. Là, c'est la puissance incarnée, de la musique aux textes. J'ai eu l'opportunité de les voir au Point FMR à Paris en 2013. C'était la fin d'une journée de cours, j'étais fatigué pas trop dans l'ambiance et la chanteur a tout de même réussi à m'emmener dans le concert. Sa performance m'a vraiment marqué. Et si vous voyez un jour passer ce nom sur une affiche, allez-y.


True Colors
Impossible de faire un top sur les meilleurs frontmen sans parler de Paco de True Colors, groupe de youth crew belge. Du temps où TC était encore en activité, le groupe dominait le hardcore jeu européen. Les textes sont écrits pour êtres scandés par les auditeurs en live et ça fonctionne. En live, Paco est une pile. Il ne s'arrête jamais, bouge partout, de la rage sort de ses cordes vocales. BUST.

Avis théâtre - Sans filtre de et avec Laurent Baffie



Préambule
Baffie me fait rire. Le rire ne se commande pas, c'est viscéral un peu comme un bon morceau. Quand j'écoute Heartattack de Second sex ou Mr Brightside de The Killers je ne me demande pas si c'est bien, je le sens. Pour les blagues, c'est pareil, c'est drôle ou ça ne l'est pas même s'il y a à peu près autant d'humour que d'individus. Toutefois, j'ai le sentiment que Laurent Baffie a un humour assez large. Et pas large dans le mauvais sens du terme comme Gad Elmaleh qui raconte des histoires éculées ; même s'il le fait avec talent. L'humour de Baffie a été avalisé par ses fameuses caméras cachées diffusées à la télé pendant les deux dernières décennies.

Baffie, je l'écoute dans Les grosses têtes sur RTL et c'est le plus drôle, et de loin. Il tape sur tout ce qui bouge et sa force est de le faire avec beaucoup d'humour, on ne sent pas une once de méchanceté dans ses propos. Et ça, j'aime bien. En voyant que Baffie avait monté et écrit une pièce de théâtre je n'ai pas hésité sachant ce que je venais chercher.

L'histoire (par Billetreduc)

"Je m'appelle Philippe Maurice. Je suis buraliste, et depuis 24 heures je n'ai plus de filtre. Pas dans ma boutique non, dans ma tête." " Pour une raison inconnue je dis directement tout ce que je pense à tout le monde et ce dans un langage plus que fleuri. Beaucoup de gens rêveraient de pouvoir se lâcher totalement et de balancer toutes les horreurs qui leur traversent l'esprit, sauf moi pour qui ma vie est devenue un enfer. Même acheter du pain devient très compliqué, la preuve : Moi : Un bâtard. Le boulanger : Tiens vous ne prenez pas de croissants ce matin, Monsieur Maurice ? Moi : Non à ce prix-là, tu peux te les foutre au cul connard ! Heureusement, une équipe de médecins très soudés va se pencher sur mon cas pour essayer de résoudre mon problème, et là, c'est le drame..."

Avis
Quand vous pensez à une pièce écrite Baffie vous vous doutez que ça va être vulgaire : ça l'est. Vous vous doutez qu'il va y avoir des blagues sous la ceinture : il y en a. Si vous aimez son style, pas besoin de lire les critiques des spectateurs ou de la presse. La pièce Sans filtre n'est pas du tout déceptive, elle correspond tout à fait aux attentes que vous pourriez avoir. C'est très drôle, on rigole beaucoup. Des fois c'est tellement trash qu'on est dégoûté, aussi, mais ça reste drôle.

En ce qui concerne les acteurs, ils sont tous très bons. Ils forment un ensemble homogène qui porte le texte écrit par l'ami de Thierry Ardisson. Mention spécial pour Karine Dubernet qui a un potentiel comique énorme.

C'est pour qui ?
Les fans de Baffie.

A lire aussi :
Avis théâtre - UN DEUX UN DEUX de François Bégaudeau