RETROUVER UNE PROF

J'ai voulu retrouver une professeure d'anglais qui a marqué ma scolarité.

Et si tu devenais végétarien ?

Découvrez l'infographie sur le vegétarisme en France et une vidéo sur le végétarisme à Paris

Avis - d'âne à zèbre de François Bégaudeau

Pourquoi Vincent Delerm ne chante pas plus fort ? Pourquoi la jalousie c'est du vol ?

lundi 13 mars 2023

Comment faire ses Dr. Martens (conseils, astuces) : une série de vidéos sur Tik Tok

Vous avez mal aux pieds en essayant votre paire de Dr. Martens fraîchement reçues ? Vous n'êtes clairement pas seuls. Dans cette nouvelle série de vidéos disponible uniquement sur ce compte Tik Tok, on vous propose avec Salomé, de suivre notre découverte du monde Dr. Martens. 


Comment réussir à faire ses Dr. Martens ? Nos astuces pour ne pas avoir mal aux pieds quand on fait ses Dr. Martens ? Comment réussir à transformer des chaussures Dr. Martens qui font mal en chaussures confortables ou supportables ? C'est tout l'objet de cette série de vidéos Tik Tok dans laquelle on vous invite à suivre notre aventure et nos tentatives de réussir à ce que nos paires de Dr. Martens ne terminent pas au fond d'un placard et deviennent synonymes d'échec. 

Liste des épisodes (cette liste sera mise à jour toutes les semaines au fur et à mesure des sorties) : 

Épisode 1 : on achète des Dr. Martens vegan 

Épisode 2 : On reçoit nos Dr. Martens vegan

Épisode 3 : Unboxing Dr. Martens : Chelsea boots vegan à plateformes

• Épisode 4 : Unboxing Dr. Martens : mocassins adrian felix vegan


mercredi 15 février 2023

Avis lecture - Anostké de Christophe Ségas

Je cherchais une librairie indépendante à Angers et j'ai découvert Myriagone. La particularité des librairies indépendantes c'est qu'on y trouve des livres qu'il n'y a pas forcément dans les librairies grand public. Il y a une sélection qui n'est pas forcément guidée par la popularité des auteurs et des autrices mais plus par les idées. Ce sont des endroits importants. Des espèces de contre-pouvoirs. C'est par exemple dans une librairie indépendante située à Saint-Denis (93) que je me suis fait dédicacer mes livres par Virginie Despentes. Après, il y a aussi une réalité économique qui touche les librairies indépendantes. Si elles se contentaient de proposer des livres écrits par des inconnus, elles pourraient s'exposer à une faillite rapide. Du coup, la réalité c'est que sur les ilots centraux, on peut retrouver des maisons d'éditions très connues et des écrivains et des écrivaines célèbres. Pas plus tard que la semaine dernière, j'ai vu le livre du Prince Harry en vitrine d'une librairie pourtant ouvertement militante. La stratégie c'est d'attirer le chaland avec des gens connus et quand ils font un tour, ils peuvent tomber sur Le syndrome du patron de gauche par exemple. 

Ce n'est pas exactement la stratégie de Myriagone. Cette librairie indépendante angevine est plus radicale dans son approche. Dans l'espace principal, il n'y a que des oeuvres de petites maisons d'éditions. Surtout, il y a un choix plutôt restreint. Je ne sais plus où j'ai lu ça mais en gros, il est expliqué qu'ils effectuent une sélection qui correspond 100% à ce qu'ils aiment. Pas de livre populaires ou qui vont faire vendre. Je trouve ça plutôt stylé. C'est le cas du livre qui est l'objet de cet article Anostké de Christophe Ségas (Éditions du chemin de fer). Au tout début, c'est écrit que le livre a été tiré à 1 000 exemplaires. Je ne suis pas dans le monde de l'édition mais j'ai l'impression que c'est très peu. 



De quoi ça parle ? (le résumé de l'éditeur)

Les plus vieilles chroniques de la ville d’Eusthènes racontent comment, mille ans auparavant, la déesse Anostké a fait son apparition aux portes de la cité et s’est emparée de la ville pour y imposer ses lois en faisant bâtir aux habitants une Arche qu’il leur faudra adorer. Mille ans plus tard, alors que l’Arche et les commandements d’Anostké ne sont plus qu’un folklore qui n’impressionne guère, les gardes aperçoivent une silhouette qui s’approche des portes d’Eusthènes : la déesse est revenue. Si les adultes résistent, les enfants sont hypnotisés et se rangent les uns après les autres aux côtés de la déesse, contre leurs parents… Les textes de Christophe Ségas sont des miroirs déformants qui se nourrissent de nos peurs, de nos travers pour pointer la folie de nos sociétés déviantes. Après Hors le bourbier qui revisitait de manière opulente le mythe du créateur tout puissant, mi-démiurge, mi-diable, il y a eu Le théâtre des oiseaux qui, sous couvert de fable grotesque, dénonçait le consumérisme forcené et l’annihilation de l’individu dans nos sociétés du spectacle. Avec Anostké, Christophe Ségas s’attaque frontalement, mais de façon toujours aussi loufoque et drôlatique, au sectarisme et à la dévotion, à l’obscurantisme religieux qui nie toute humanité aux humains.


Mon avis

C'est un bel objet avant tout. C'est pas un livre de poche qu'on trimballe partout. On a envie d'en prendre soin. Le papier choisi semble de qualité. Les illustrations de Frédéric Coché aident aussi même si je n'y suis pas sensible. 

Le livre est très court et va droit au but. L'installation de l'univers sombre se fait rapidement. Très vite, on se voit dans le village et dans l'ambiance pesante qu'il y a. Vu la longueur, tout se passe à vitesse grand V. C'est presque frustrant ! J'aurais aimé que ça dure 100 pages de plus afin de rester encore plus longtemps dans cet univers étouffant. 


Infos 

Le livre est dispo sur le site des Éditions du Chemin de fer

samedi 28 janvier 2023

Avis BD - La machine à influencer de Brooke Gladstone et Josh Neufeld

J'ai pris ma carte à la bibliothèque Robert Desnos de Montreuil. Je pensais juste la prendre et rentrer chez moi mais finalement j'ai fait un tour pour voir à quoi ça ressemblait et le premier ouvrage qui est tombé sous mes yeux est cette BD. Vu le sujet, j'étais obligé de l'emprunter ! 


De quoi ça parle ? 

Pourquoi le chiffre de 50 000 victimes revient-il aussi souvent dans les médias américains ? Les journalistes devraient-ils annoncer leurs intentions de vote ? Internet radicalise-t-il nos opinions ? Ce sont quelques-unes des questions soulevées par Brooke Gladstone, journaliste spécialiste des médias pour la radio publique américaine NPR. Avec l'aide du dessinateur de bande dessinée documentaire Josh Neufeld, elle retrace dans La Machine à influencer l'évolution des médias d'information et des pratiques journalistiques. Des premières dérives de l'information sous l'Empire romain jusqu'aux errements des médias américains au moment de l'entrée en guerre contre l'Irak, Brooke Gladstone s'interroge et livre une grande leçon de journalisme.


Mon avis 

Cette BD est très dense et bien construite. Ça commence de façon assez ludique puis on rentre dans des sujets plus techniques vers les 3/4 de la BD. Il y a un point important à savoir avant de l'emprunter à la bibliothèque ou de l'acheter : c'est fait par une autrice américaine. Du coup, ça parle en grande majorité d'événements et de médias américains. Cependant, malgré cela, vu qu'on s'inspire toujours des Américains en France et bah, tout est assez transposable aux médias français. 

Il y a beaucoup de critiques envers les médias en France. J'ai appris dans la BD que tout ça c'est pas nouveau. Ces critiques viennent du fait que les gens ne supportent pas de voir des infos qui ne vont pas dans le sens de leurs pensées. C'est d'ailleurs quelque chose qui en 2023 ne va pas en s'arrangeant quand bien même il y a de plus en plus de médias différents qui peuvent parler à tout le monde. 

Un moment de la BD qui m'a fait m'arrêter c'est celui où l'autrice explique que les médias ne sont ni plus ni moins que le miroir des citoyens du pays où ils sont diffusés. L'intérêt d'un média est d'être lu. Si à un instant T, il y a une doxa majoritaire, les gros médias n'ont aucun intérêt à aller à l'inverse de l'opinion. C'est lâche mais un média c'est avant tout autre chose quelqu'un de très riche qui le possède. Et son intérêt n'est pas de faire du social. Ça n'a jamais été le cas. Pendant que j'écris ces lignes, le Washington Post vient encore de virer des gens. Au-delà de l'argent, il y a aussi, pour quelqu'un de riche, la possibilité d'influencer l'opinion publique afin de servir ses intérêts. 


Un autre passage m'a marqué. Celui qui correspond totalement à la ligne éditoriale du Monde et France 2. 


Il y a cet autre extrait qui est un des noeuds qu'il y a dans ma tête. Je travaille dans le journalisme depuis une dizaine d'années. Je suis stupéfait par l'incompréhension du public face aux médias. Je ne leur jette pas la pierre car il n'existe pas à ma connaissance de vraie campagne d'éducation aux médias. Mais pour en revenir à l'image ci-dessous, peu de gens semblent savoir ce qu'est une ligne éditoriale et ce que ça implique. Tous les jours, je vois sur Twitter des gens qui demandent à des médias divers et variés pourquoi ils ne parlent pas de tel ou tel sujet. La réponse est toujours simple : ça ne correspond pas à la ligne éditoriale. 



Aucun média n'est objectif. J'ajoute à cela qu'il faut faire attention aux médias qui vous donnent l'impression d'être objectifs. Ils ne le sont pas. Ils sont simplement en accord avec vos valeurs. Ni plus, ni moins. Chaque choix de sujet et de son traitement le cas échéant, ne sont jamais objectifs. Un même fait peut être traité de plusieurs façons différentes. Un incendie à Paris, une nouvelle loi, la mort d'une personnalité publique, bref tous les sujets possibles. Le moment où vous vous en rendez compte changera à tout jamais votre perception. Un exemple récent me vient en tête : le traitement des grèves contre la réforme des retraites par France 2. Systématiquement, le parti du gouvernement était pris. Les personnes interrogées pour les micro-trottoirs allaient toujours dans le même sens. C'était assez frappant. Je vous renvoie à un passage plus haut dans cet article. France 2, en tant que miroir, d'une partie non-négligeable de la société, n'a pas d'intérêt à embrasser la ligne des grévistes. 


Je termine avec cet extrait sur le traitement journalistique d'Hiroshima. 

Cliquez sur l'image pour la voir en grand

J'étais pas né quand Hiroshima est arrivé. Je n'ai pas pu observer le traitement médiatique. Eh bah c'était du grand n'importe quoi comme vous pouvez le voir dans l'extrait ci-dessus. D'ailleurs, tout le passage de la BD sur le traitement journalistique des conflits armés est terrible. Tout ce qui est dit est d'ailleurs à nouveau visible en ce moment-même (janvier 2023) avec le traitement de la guerre en Ukraine. 

À qui s'adresse cette BD ? 
Tous les étudiants en journalisme doivent lire cette BD. C'est vraiment indispensable. Dans mon école de journalisme, j'ai eu des cours d'histoire des médias mais jamais je n'ai lu tout ce qui est dit dans cette BD. En vrai, n'importe quel journaliste curieux, même en poste, devrait lire cette BD. C'est édifiant. 


À lire aussi

mardi 24 janvier 2023

Succession (HBO) : Pourquoi Kendall Roy est mon personnage préféré

Succession est une série diffusée sur HBO depuis 2018. Je m'y suis mis à la fin de l'année 2022. Grand bien m'a pris car j'ai pu regarder l'intégralité des 3 saisons (presque) d'une traite sans me farcir les longues périodes d'attente entre 2 saisons.  

Kendall Roy

Cet article n'a pas vocation à donner mon avis sur cette série, comme j'ai pu le faire pour d'autres mais de parler seulement du personnage de Kendall. 


C'est quoi Succession ?

La famille Roy possède Waystar RoyCo, l'un des plus puissants conglomérats des États-Unis, présent dans le domaine des médias et du divertissement. Logan, patriarche et fondateur de l'entreprise, est victime d'un accident vasculaire cérébral et doit envisager sa succession. Une situation qui génère tensions et désaccords entre ses quatre enfants : Connor, excentrique éloigné des affaires ; Kendall, en quête de reconnaissance paternelle ; Roman, vulgaire et outrancier ; et Shiv, politiquement engagée auprès des démocrates et dont le mari Tom fait partie des principaux cadres de la compagnie.


⚠️ La suite de cet article contient des divulgâchis sur l'intrigue. Ne poursuivez pas si vous n'avez pas vu les 3 saisons. ⚠️


Pourquoi j'aime Kendall Roy

Ils sont 4 enfants à aspirer à la succession de leur père Logan, à la tête de Waystar. Kendall est le seul à avoir un plan pour prendre la tête de la compagnie et faire changer les choses. Il ne se contente pas de constater des problèmes et de râler. Il cherche à être acteur du changement.

Il tente sa chance une première fois dans le s01E06 avec un vote de défiance. Pour parvenir à éjecter son père, il faut qu'une majorité des personnes qui siègent au conseil d'administration votent pour sa motion. Avant d'annoncer ce vote, il s'est assuré qu'il avait une majorité. Il faut dire que son projet est convaincant et surtout plus moderne que celui proposé par son père. Cependant, au moment de voter, ils sont plusieurs à se chier dessus et à retourner leur veste par lâcheté et par peur des conséquences. 


Parmi ces personnes, il y a Roman et Gerri. Pendant les 3 saisons, ces deux-là notamment, ils sont seront ensuite imités par Shiv, se comportent comme des toutous fidèles auprès du patriarche. Ils disent oui à tout même quand ils voient clairement que les décisions prises sont mauvaises. Ils se comportent comme des êtres dénués de personnalité dans l'espoir qu'un jour ils seront désignés pour reprendre la tête de l'entreprise. Peu importe le temps que ça prendra. Ce n'est pas le tempérament de Kendall. Je pense que le pire avec les gens qui se comportent comme ça c'est qu'ils voient bien que Kendall a raison mais qu'ils sont trop couards pour être acteurs du changement. Pour être gardés au pied, Logan leur donne des miettes et ça suffit pour assurer leur loyauté. C'est ce qu'il fait avec Roman pendant les 3 premières saisons. 

Roman la vicos

On avance jusqu'à la fin de la saison 2 et le moment où Kendall, à la surprise générale, tente une nouvelle fois de renverser son père alors qu'il lui avait demandé de se sacrifier pour la famille. À ce moment-là, j'ai crié GOOAAAAAAT ! 

Cette fois-ci, son plan est légèrement plus bancal que sa première tentative mais il y a plus de panache. Pendant qu'il prépare son offensive c'est marrant car à la fois Shiv et Roman viennent le voir. J'ai adoré le moment où il confronte Shiv pour qu'elle admette qu'elle sait qu'il a raison de faire ça. Mais ça ne suffit pas. Une fois de plus, les deux toutous retournent auprès de leur maître. 

Quelle est la récompense pour toute cette fidélité ? Comme on peut le voir à la fin de la saison 3 : aucune. On le comprend au fil des épisodes, Logan n'a aucune considération pour ses enfants. Il s'en fout. Pas plus pour Gerri qui, la pauvre, y a pourtant cru. 

Résultat, mis au pied du mur, Roman et Shiv finissent par enfin rejoindre Kendall dans sa croisade. Mais ils le font uniquement parce qu'ils n'ont plus aucune autre solution. Ils ne le font pas par conviction. On a une fois de plus affaire à un comportement de lâche. Tant qu'ils n'étaient pas directement concernés, ils n'avaient que faire des projets de leur frère. 

C'est pour cela que Kendall est mon perso préféré. Quand bien même il a échoué, il a essayé à deux reprises. Il peut se regarder dans le miroir à la fin de la journée. Bon, même si il est dans un mauvais état à la fin de la saison 3 mais vous avez compris ce que je veux dire ! 


Et alors dans la vraie vie comment ça marche ? 

C'est une question que je n'ai cessé de me poser pendant les 3 premières saisons de Succession. La réponse arrive à la fin du dernier épisode de la saison 3. Celui qui s'en sort le mieux c'est Tom. Discret, ne montre aucune ambition pourtant il en a énormément. Il est prêt à mentir et à enfreindre la loi pour protéger l'entreprise. Prêt à aller en prison pour bien se faire voir par Logan et surtout prêt à trahir tout le monde pour s'assurer une place au chaud. De mon point de vue, c'est pas glorieux mais c'est efficace. 

J'ai croisé des Tom pendant ma carrière et ils ont eu des destins divers et variés. Certains ont réussi à obtenir ce qu'ils voulaient, d'autres se sont retrouvés sur le carreau comme Roman et Shiv. Les places au soleil sont rares donc le risque d'échec est élevé. Le tout en perdant toute dignité et en se mettant un tas de gens à dos. 

Je pense notamment à cette personne qui a littéralement jeté tout le monde dans le caniveau pour arriver à ses fins. Quelques années plus tard, il s'est fait jeter de la boîte et laisse derrière lui une image plus que détestable. Tout sauf rentable. 

Tout ça n'est que mon point de vue, bien entendu. Mais je mettrais toujours au-dessus du travail les relations qu'on peut avoir avec des gens. L'argent ça va, ça vient, mais les relations sincères et désintéressées qu'on peut partager avec d'autres humains ça reste pour longtemps. 


À lire aussi

Avis série - How To Make It In America (HBO)

Avis série - Dogs Of Berlin (Netflix) 

lundi 23 janvier 2023

Avis lecture - Les mots pour le dire de Marie Cardinal

À la fin de cet article, je vais vous expliquer comment j'ai entendu parler du livre Les mots pour le dire de Marie Cardinal et pourquoi j'avais envie de le lire. 


De quoi ça parle ? 

La jeune femme que nous découvrons dans Les Mots pour le dire est un être physiquement et moralement désemparé, au bord de la folie. Jusqu'au jour où elle se décide à confier son destin à un psychanalyste. Il s'agit ici d'un cas vécu, particulièrement pénible. Fasciné, le lecteur subit la puissance de ce livre où se manifestent le tempérament d'une femme et le talent d'un écrivain. Cet ouvrage a obtenu le prix Littré 1976.


Mon avis

Ce livre est purement et simplement l'histoire de Marie Cardinal. Elle raconte comment elle se décide à faire une psychanalyse. C'est presque un mode d'emploi didactique sur les façons de « réussir » une psychanalyse. Aucun détail n'est épargné au lecteur. Elle présente avec précision ses séances. Ce qui se passe dans sa tête avant et après et aussi ce qui se passe pendant. C'est difficile à lire, forcément car elle se met à nu pour immerger le plus possible la personne qui lit le livre. 

Un passage a particulièrement retenu mon attention : celui où des gens qui ont commencé une psychanalyse ont jugé que c'était inutile. Ces gens, explique-t-elle, n'y sont pas allés à fond, ils n'ont pas accepté de fouiller dans leurs souvenirs, de se livrer, d'être vulnérables. Ils n'ont tenu que quelques semaines aussi. Forcément, ils n'ont eu aucun résultat. C'est valable pour à peu près tout au passage. Sans investissement, difficile d'avoir des résultats. 


À qui s'adresse ce livre ? 

Aux gens qui se posent des questions sur la psychanalyse ou sur le fait d'aller voir un ou une psychologue. 


Infos 

• Sorti en 1977

• 288 pages 

• Il est sûrement dispo dans la bibliothèque près de chez vous sinon, vous pouvez vous le procurer dans une librairie indépendante en cliquant sur ce lien


Pourquoi j'ai acheté ce livre ? 

Justin(e) est un de mes groupes préférés. Dans un live d'un concert qu'ils ont donné en 2004 au Floride à Nantes, Alex, le chanteur, commence une chanson en parlant du livre Les mots pour le dire de Marie Cardinal. D'un extrait dans lequel l'autrice raconte une fois où elle s'est mise en colère parce qu'on lui a brûlé son doudou, il en a tiré une trilogie. 

Si les paroles de la trilogie ont peu à voir avec l'histoire du livre, il convient de noter que ce n'est pas surprenant qu'Alex de Justin(e) ait lu ce livre car il aborde beaucoup le sujet de la folie dans ses textes. C'est d'ailleurs, si je ne me trompe pas, le domaine dans lequel il évolue professionnellement. 

Ce que je trouve rigolo, c'est que j'ai entendu Alex parler de ça (dans le live) vers 2009 et j'ai mis tout ce temps à me rappeler l'existence de ce bouquin ! Cela dit, pas sûr que je l'aurais apprécié à sa juste valeur plus tôt. 


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Avis lecture - Onze joueurs d'Alexandre Vaillant

dimanche 22 janvier 2023

Avis cinéma - Steve Jobs, Les délices de Tokyo, Bang Gang, Palo Alto, Maggie a un plan, Zootopie


Les délices de Tokyo de Naomi Kawase

Sentaro fabrique des dorayakis, une pâtisserie typique du Japon. Tokue (au milieu ci-dessus) va tenter de le convaincre de la laisser travailler avec lui pour lui apprendre son savoir-faire.

Avis
J'ai pleuré. Je ne m'y attendais pas. Honnêtement, l'histoire ne donnait pas plus envie que ça. Mais j'aime bien le Japon et ça ne me dérangeait pas de payer juste pour regarder des gens faire des dorayakis. Mais en fait ce n'est pas du tout ça. C'est un film profond et fort. Pour ceux qui ne veulent pas le voir, voici le sujet (surlignez pour voir): en fait Tokue est atteinte de la lèpre et tout sa vie elle a été mise à l'écart dans un camp pour ne pas contaminer les autres. Et là, elle est ivre de joie de pouvoir travailler, comme tout le monde.
Sans trop en dire, j'ai aimé l'absence d'achalandage dans la promotion, le film n'est pas du tout vendu, dans la bande-annonce on ne devine rien. Ça rend la surprise encore plus forte.
À ce jour (5 juillet 2016), c'est mon coup de coeur de l'année.



Steve Jobs de Danny Boyle

Ce film est adapté d'une biographie sur Steve Jobs écrite par Walter Isaacson. On suit les coulisses des lancements de différents produits imaginé par Steve Jobs.

Avis
Ce film n'a rien à voir avec Jobs. Il s'adresse à un public plus âgé. Il y a beaucoup de dialogues et il est plus profond. Le but n'est pas d'encenser Steve Jobs mais de montrer son côté sombre. On découvre sa relation compliquée avec sa fille, on comprend l'importance de Johanna Hoffmann, sa conseillère de l'ombre et les problèmes qui ont émaillé sa vie. Même sans admirer le créateur de l'iPod (comme moi qui n'en ai pas grand chose à faire de lui), c'est un film plaisant à regarder.

Ah et puis Kate Winslet.

Pendant la promo du film à Paris, j'ai vu sa tête en grand pendant plusieurs semaines. Elle est magnifique dedans. J'ai découvert son talent dans ce film. C'est la meilleure performance du long-métrage.



Bang Gang et Palo Alto 

Je mets ces deux films sur le même plan. Ce sont tous les deux des copies de K.I.D.S de Larry Clark. Des copies ratées. Des adolescents, de l'ennui, de la drogue et du sexe. J'ai vu Bang Gang au ciné car il n'y avait rien d'autre à l'époque et j'avais envie d'aller au cinéma et j'ai vu Palo Alto parce que je suis Emma Roberts depuis la série Allie Singer et le film Nancy Drew.
Allez plutôt regarder K.I.D.S qui défonce tout.





Maggie a un plan de Rebecca Miller

C'est l'histoire d'un triangle amoureux. Bon, j'y suis allé parce que j'ai bien aimé la performance de Greta Gerwig dans Mistress America.

Avis
Juste avant d'aller au cinéma, j'ai vu que le film était supporté par M6. Mauvais délire. Et en fait c'est bien un film qu'on pourrait voir sur M6 un dimanche après-midi. C'est cliché et le scénario est pourri. Il y en a marre des films/séries qui montrent les femmes comme des êtres qui n'ont qu'une envie c'est faire des enfants. J'ai déjà évoqué ce sujet par ici si ça vous intéresse.

>>> Femmes sans enfant, femmes suspectes



Zootopie (Disney) 

Une lapine n'a qu'un seul rêve. Devenir policière à Zootopie. Elle va tout faire pour y arriver.

Avis
Je ne m'attendais à rien. Je ne m'attends jamais à grand chose avec les dessins-animés. Mais celui-ci est particulièrement solide. Outre l'animation où il n'y a rien à dire, j'ai bien aimé l'histoire de cette jeune femme qui veut s'imposer dans un monde d'hommes. Et pour y parvenir elle doit se battre deux fois plus. Elle doit faire ses preuves. Et derrière le côté gentillet du dessin-animé, c'est un vrai message fort pour les jeunes filles qui vont voir ça.



À lire aussi :

mardi 17 janvier 2023

Avis lecture - Le syndrome du patron de gauche d'Arthur Brault-Moreau

J'ai fait quelque chose que je n'avais jamais fait avant. Je suis allé dans une librairie (Libertalia pour ne pas la citer) sans aucun objectif d'achat de livre précis. C'était le jour où Antifa, le jeu, s'est retrouvé sous le feu des projecteurs parce qu'il était vendu par la FNAC. La polémique m'a saoulé. Vu que j'avais déjà joué au jeu un an auparavant dans cette même librairie, je n'y suis pas allé pour l'acheter mais pour soutenir le lieu. 

J'ai donc laissé traîné mes yeux sur les étagères. J'ai failli prendre un Jonathan Coe, un auteur anglais que j'aime particulièrement mais finalement mon dévolu s'est jeté sur un livre dont le titre a attiré mon oeil. J'ai lu la quatrième de couv' et ça a fini de me convaincre de l'acheter. 

Dans cet article, je vais vous dire ce que j'en ai pensé. 

Cliquez sur l'image pour l'agrandir


De quoi ça parle ? 

Tout ce qui relève du champ lexical de l’employeur, du patron, du « management » ou du salariat est considéré comme libéral, apparenté à des valeurs de droite. Ce comportement est typique du patron de gauche : en rejetant ces mots, celui-ci se prive de – ou plutôt s’épargne – toute réflexion sur le sujet. L’expression « patron de gauche » souligne à elle seule le paradoxe de la situation : dans la pratique, « patron » ; dans le discours, « de gauche ». Né en 1993, diplômé de Sciences-Po, Arthur Brault Moreau a fait l’amère expérience du patronat de gauche dès sa première embauche. Forcé de constater que ce positionnement politique ne garantissait en rien le respect du droit du travail, il a mené une enquête auprès d’environ 70 personnes, dont beaucoup de salarié·es et quelques employeurs. Guide de développement collectif plus que personnel, ce manuel fournit des outils concrets pour comprendre et combattre ces patrons qui ne disent pas leur nom.

Mon avis

C'était instructif. Très instructif. J'ai apprécié le fait que l'auteur de l'enquête s'adresse à des employés qui évoluent dans des structures différentes. De l'employée d'un théâtre à un journaliste en passant par un assistant parlementaire d'un élu de gauche. 

J'ai bien aimé aussi qu'il fasse un livre qui fait mal. Un livre contre « la cause ». C'est un vrai tabou ça. Dans des milieux, tout se sait, pourtant, souvent, les gens ne disent rien pour ne pas desservir leur cause. C'est valable pour plein de sujets différents. Récemment, il y a eu quelques exceptions. Mais ça reste rare. Ce livre est un pavé dans la mare du monde de l'emploi des entreprises dites de gauche. 


La première page que j'ai cornée parle littéralement de moi. 

Page 68

« Marie, salariée d'une association d'éducation populaire : " C'est un travail qui me plaît, qui a du sens pour moi. Dans le privé, je pourrais toucher bien plus, avoir plus d'avantages, mais j'ai décidé de mettre mes compétences, mes années d'études et d'expérience au service d'un projet qui me parle. " Ce que l'organisation de gauche ne fournit pas sur les plans monétaires et matériel est compensé par son mobile idéologique. L'idéologie apparaît comme un mode de rétribution à part entière. 


Page 73

Un peu plus loin, un salarié d'une distribution alimentaire bio dénonce une hypocrisie des patrons de gauche. 

« Son ressort, ce sur quoi [ma patronne] compte, c'est notre motivation politique. C'est peut-être ça la différence avec un patron de droite ou classique : lui, il sait que c'est l'argent qui compte, les bénéfices, etc., et il sait que pour le salarié, c'est pareil. Il y a une hypocrisie en moins. Pour le patron de gauche, tu ne travailles pas pour l'argent, mais pour des valeurs, pour des choix de société, et ça lui permet de te manipuler. »


Page 109

Il y a eu autre passage qui m'a alerté en tant que minorité sociale. 

« Lorsque je dénonce - ou simplement souligne ! - un acte ou un propos homophobe, on m'oppose souvent la preuve implacable d'un engagement ou d'un discours affiché contre l'homophobie par l'organisation. Si, en général, les gens peinent à reconnaître une attitude oppressante, dans les milieux militants, une telle reconnaissance apparait comme encore plus difficile, sans doute parce qu'il y est compliqué de penser la possibilité d'un propos ou d'un acte discriminant. Comment puis-je dire ou faire quelque chose d'homophobe si je suis engagé dans une organisation qui se positionne contre l'homophobie ? C'est le pendant militant du "je ne suis pas homophobe, j'ai un ami gay". »


Page 127

Sur le thème de l'hypocrisie des patrons de gauche, il y a également ce passage qui ne me surprend pas du tout. 

« Lorsque Quentin et ses collègues évoquaient avec lui des problèmes au travail, leur employeur redirigeait la conversation sur des considérations générales. "Il justifiait la précarité de notre travail par le fait qu'il s'agissait d'un travail militant, un engagement." Ce comportement peut se résumer en un syllogisme assez simple : l'organisation lutte contre le système capitaliste, le système capitaliste est le vrai problème, il n'y a donc pas de vrai problème dans l'organisation. Ici, le romantisme de gauche ne sert pas seulement à masquer ou à justifier de mauvaises conditions de travail, mais bien concrètement à imposer le silence et l'obéissance aux salarié·e·s. »  


Comme d'habitude, je ne veux pas mettre trop d'extraits pour ne pas vous divulgâcher le contenu. Je ne dirais qu'une chose : si vous évoluez professionnellement dans une entreprise de gauche, c'est un livre à lire absolument

Plusieurs fois, je me suis arrêté, bouche bée, en ayant directement en tête une entreprise en tête. Je pense notamment au moment où quelqu'un décrit une entreprise qui ne tourne qu'avec des stagiaires et des contrats pro. 

Enfin bref, je ne regrette pas cet achat, au contraire. Je n'espère qu'une chose, c'est que ce livre tourne le plus possible. 


Infos  

224 pages, 19 €. 

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À lire aussi :

• Avis lecture - L'arabe pour tous de Nabil Wakim

• Avis lecture - Regarde les lumières mon amour d'Annie Ernaux